Nanon BERTRAND

Nanon Bertrand a étudié le piano au Conservatoire national supérieur de Musique de Paris, l'accompagnement du chant, la musique ancienne avec l'étude du clavecin puis celle des pianos d'époque. Elle se passionne enfin pour l'orgue, auquel elle se consacre à partir de 1983.

Parallèlement à sa pratique des instruments à clavier, elle développe sa connaissance en participant à des grandes campagnes de catalogage : Bibliothèque nationale de France, médiathèque Ceccano en Avignon, bibliothèque de la Société des concerts du Conservatoire. Elle participe actuellement à l'inventaire et le catalogage des archives musicales privées de Louis Niedermeyer pour le compte de la Fondation Niedermeyer, sise à Nyon (Suisse).

Nanon BertrandNanon Bertrand

Elle fonde, en 1992, les éditions Publimuses¹, qui comblent un vide majeur de l'édition française, en se spécialisant dans la redécouverte du répertoire français du XIXe siècle, particulièrement celui de l'orgue.

En collaboration avec des musicologues comme F. Sabatier, T. Adhumeau, elle a ainsi remis en lumière des œuvres de F. Benoist, A. Chauvet, S. Neukomm, L. Niedermeyer, et quelques œuvres de L. Boëllmann jamais publiées... Elle a récemment ajouté au catalogue des œuvres d'A. Ribollet et de René Vierne, le jeune frère de Louis Vierne.

En 2001, elle entreprend la première édition monumentale critique de l'œuvre d'orgue en dix volumes d'Alexandre Pierre François Boëly, dont le 150e anniversaire de la mort a été célébré en 2008.

Les quatre premiers volumes, réalisés en collaboration avec H. de Rohan-Csermak, ont été salués par la presse musicale internationale : American Organist, The Diapason, Organist' Review, Organ, RCO News, Arte organistica, Crescendo, Choir & Organ, The Organ, La tribune de l'orgue, L'orgue...

Plusieurs titres nouveaux sont parus depuis 2008 : Messe solennelle extraite de plusieurs auteurs anciens, avec É. Lebru ; volume V : Les op. 10 & 12 ; volume VI : Les auto-transcriptions — la Toccata op. 43/13 posthume ; O salutaris pour chœur à quatre voix SATB et orgue ; 3 Mélodies pour violoncelle et orgue expressif.

D'autres titres paraîtront prochainement : volume VII : Les Messes & les Versets de messes ; volume VIII : Hymnes et Antiennes ; et aussi Sub tuum et Salve Regina pour chœur à trois voix SSB et accompagnement. Viendront ensuite les Suites dans le style ancien, d'autres cantiques, etc.

Il est prévu d'ajouter à cette collection quelques opus de l'œuvre pour piano.

Organiste titulaire pendant dix ans dans une église luthérienne de Saint-Denis, puis suppléante dans plusieurs églises parisiennes, Nanon Bertrand est aujourd'hui organiste dans une église du centre de Paris.

En concert, elle s'est produite sur plusieurs des plus illustres orgues de Paris (Saint-Sulpice, La Madeleine, Saint-Augustin, Saint-Thomas d'Aquin, Saint-Vincent-de-Paul, Sainte-Odile, Sainte-Geneviève, Salpétrière, Billettes...), à travers la France mais aussi en Angleterre (elle a notamment donné en décembre 2004, à St. Martin-in-the-Fields, à Londres, la toute première audition de la Messe du jour de Noël de Boëly, l'alternatim étant assuré par des chantres venus de la cathédrale de Westminster et du Brompton Oratory²), en Finlande, en Suisse, aux États-Unis, en Russie.

Elle se produit également en duo avec Sébastien Tranchant, saxophone alto, dans un répertoire privilégiant la musique française : Alexandre Guilmant, Gabriel Fauré, Guy de Lioncourt, Albert Roussel, Gabriel Pierné, Jean Rivier, etc.

Son jeu à l'orgue s'enrichit de sa pratique exhaustive des instruments à clavier et de son inlassable curiosité, et elle veille à adapter ses programmes aux spécificités de chaque instrument tout en révélant au public des œuvres méconnues. Son répertoire s'étend de la musique de la Renaissance à celle d'aujourd'hui.

Pour son action en faveur du patrimoine musical français, Nanon Bertrand a été promue chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres.

 

¹ Les collections de Publimuses sont gérées depuis 2004 par la Société de Musique française du XIXe siècle (SMF 19).
² Ce concert a fait l'objet d'une recension dans The American Organist Magazine et The Diapason.